26 octobre 2008
Rebecca
J'ai rêvé l'autre nuit que je retournais à Manderley. J'étais debout près de la grille devant la grande allée, mais l'entrée m'était interdite, la grille fermée par une chaine et un cadenas. J'appelai le concierge et personne ne répondit ; en regardant à travers les barreaux rouillés, je vis que la loge était vide.
Aucune fumée ne s'élevait de la cheminée et les petites fenêtres mansardées baillaient à l'abandon. Puis je me sentis soudain douée de la puissance merveilleuse des rêves et je glissai à travers les barreaux comme un fantôme. L'allée s'étendait devant moi avec sa courbe familière, mais à mesure que j'y avançais, je constatais sa métamorphose : étroite et mal entretenue, ce n'était plus l'allée d'autrefois. Je m'étonnai d'abord, et ce ne fut qu'en inclinant la tête pour éviter une branche basse que je compris ce qui était arrivé. La Nature avait repris son bien, et, à sa manière insidieuse, avait enfoncé dans l'allée ses longs doigts tenaces. les bois toujours menaçants, même au temps passé, avaient fini par triompher. Ils pullulaient, obscurs et sans ordre sur les bords de l'allée. Les hêtres nus aux membres blancs se penchaient les uns vers les autres, mêlant leurs branches en d'étranges embrassements et construisaient au dessus de ma tête une voûte de cathédrale. Et il y avait d'autres arbres encore, des arbres dont je ne me souvenais pas, des chênes rugueux et des ormes torturés qui se pressaient joue à joue avec les bouleaux, jaillissant de la terre en compagnie de buissons monstrueux et de plantes que je ne connaissais pas.
l'allée n'était plus qu'un ruban, une trace de son ancienne existence - le gravier aboli - gagné par l'herbe, la mousse et les racines d'arbres qui ressemblaient aux serres des oiseaux de proie. Je reconnaissais ça et là, parmi cette jungle, des buissons, repère d'autrefois : c'étaient des plantes gracieuses et cultivées, des hydrangéas, dont les fleurs bleues avaient été célèbres. Nulle main ne les disciplinait plus et elles étaient devenues sauvages : leurs rameaux sans fleur, noirs et laids, atteignaient des hauteurs monstrueuses.
La pauvre piste qui avait été notre allée ondulait et même se perdait par instants, mais reparaissait derrière un arbre abattu ou bien à travers une flaque de boue laissée par les pluies d'hiver. Je ne croyais pas ce chemin si long. Les kilomètres devaient s'être multipliés en même temps que les arbres et ce sentier menait à un labyrinthe, une espèce de brousse chaotique, et non plus à la maison. Mais voici qu'elle m'apparut tout à coup ; les abords en étaient masqués par ces proliférations végétales et lorsque je me trouvais enfin en face d'elle, je m'arrêtai, le coeur battant, l'étrange brûlure des larmes derrière les paupières.
C'était Manderley, notre Manderley secret et silencieux comme toujours avec ses pierres grises luisant au clair de lune de mon rêve, les carreaux des fenêtres reflétant les pelouses vertes et la terrasse. Le temps n'avait pas pu détruire la parfaite symétrie de cette architecture, ni sa situation qui était celle d'un bijou au creux d'une paume.
J'ai le plaisir de dédier cet extrait que j'aime particulièrement (je m'en souvenais 20 ans après avoir lu le livre ;-) en toute amitié à Priam pour la beauté de son blog, ses textes et commentaires toujours écrits avec délicatesse et pleins de gentillesse.
L'intrigue de Rebecca est une histoire assez tragique, rien à voir avec votre blog rassurez vous, lol, j'en ferai peut être un petit résumé ci après. Simplement la beauté et la majesté du lieu m'ont fait penser à votre château ;-)
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13 octobre 2008
Ce soir j'ai mis en ligne la suite de "retrouvailles", un peu plus bas ;-)
Bonne soirée, bises douces.
11 octobre 2008
besoin vital
Cet après midi je me suis énervée et je ne comprends encore pas pourquoi.
J'ai l'impression qu'en ce moment j'ai les nerfs à fleur de peau.
Pour résumer, nous avons une armoire dans le garage avec un côté réservé à mon homme et l'autre à moi.
Nous y stockons des choses personnelles, de mon côté il y a un peu de tout, des livres, des souvenirs, un bric à brac de fille en somme... mon mari cherchait quelque chose et il a cherché dans le côté de l'armoire qui m'est réservé .. je ne peux pas dire "fouillé" parce qu'il n'a pas ouvert toutes les boites, ni rien de tel, il a farfouillé rapidement parmi les objets pour voir si ce qu'il cherchait était là.
Et cela m'a mis dans un état épouvantable, je ne m'explique pas encore pourquoi :-( ...
J'ai eu l'impression d'une agression :-(, d'une intrusion dans ma vie privée, je me sens mal d'écrire ces mots, et je me fais l'effet une vraie mégère parce que la personne en question c'est mon mari, pas un étranger.
Je ne cache rien dans cette armoire non plus, là n'est pas la question, je n'ai pas de lettre de quelque amant secret, rires, non c'est simplement que je fais partie de ces personnes qui ont besoin d'avoir un petit coin bien à elle, même dans la vie de couple. J'ai besoin de temps pour moi et aussi d'un petit espace.
je crois que peut être, je ne sais pas me donner à fond et cela me désespère parfois. Quel que soit l'amour que je porte à quelqu'un j'aurais toujours tendance à préserver un petit espace secret, un petit espace de rêve où me réfugier.
je crois que cela vient de mon enfance, j'ai vécu étant petite des évènements traumatisants et je n'ai trouvé personne à qui en parler à l'époque. J'ai survécu comme ça, en me réfugiant dans un recoin de mon être que je ne montrais à personne d'autre.
c'est devenu viscéral :-(, dès que je me livre d'un côté, j'assure les arrières en organisant un refuge (un jardin secret) ailleurs ... c'est peut être lamentable mais c'est comme ça.
C'est une analyse mais après tout je n'en sais rien, je fais peut être de la psychologie à deux balles ...
En fait ce qui m'a le plus énervée, ce n'est pas que mon homme "fouille" dans mes affaires, c'est qu'il ne s'excuse pas quand je me suis énervée.
Je me sens mal, car il fait partie de ces personnes sans méfiance et qui n'ont pas besoin de refuge, il ne comprend pas que je suis différente et je lui ai fait de la peine...
Moi j'ai besoin de rêver, lui s'il pouvait il m'implanterait une puce électronique dans la cervelle pour savoir ce que je pense en permanence.
je ne suis pas faite comme ça et j'ai l'impression d'étouffer.
Il y a quelques années, j'ai dû voir une psychothérapeute pendant un an environ. Mon homme m'a demandé pourquoi j'avais besoin de voir quelqu'un d'autre, pourquoi ce que je lui disais à elle, je ne lui disais pas à lui.
La vérité, bien que je ne l'ai pas expliqué dans des termes aussi abrupt, est que j'avais des soucis à régler avec moi même d'une part, et d'autre part la psychothérapeute me rassurait pas ses réponses alors que mon homme, eh bien souvent, il ne sait pas trouver les mots alors je ne me sens pas comprise :-(.
Je sais qu'à la base, je ne suis pas simple non plus.
Une très jolie phrase dit que pour pouvoir former un couple, avant de faire un nous, il faut d'abord deux "je", c'est à dire que chacun se soit construit en tant que personne indépendante. Du moins c'est ainsi que je l'interprète.
Mais je dirais que même en couple, il doit y avoir un "nous, mais aussi deux "je" ... dans les premiers temps, ce n'est pas anormal d'être un peu fusionnels, mais au fil du temps, il faut que chacun continue à construire son identité, sinon comment continuer à donner à l'autre ?
je trouve qu'il est sage de laisser à l'autre, pour son équilibre psychologique, sa part de rêve, de lui laisser un peu d'air en somme.
Voilà ma pensée du jour, désolée d'être aussi sombre, mais j'écris aussi ici pour me libérer un peu, même si je préfère partager ou offrir du bonheur.
Bon week end. Bises douces.
10 octobre 2008
Paradis à deux
Aujourd'hui Elsa est épuisée. La semaine passée a représenté un vrai marathon, et a demandé un investissement énorme, tant au niveau de la quantité de tâches à remplir, des délais que des responsabilités à assumer.
On lui laisse volontiers les rênes parce qu'elle a l'air solide, et que lorsqu'on lui demande quelque chose, elle fait toujours le maximum pour donner satisfaction.
Mais la vérité, c'est qu' Elsa est beaucoup moins solide qu'elle en a l'air. Elle n'ose pas dire non, mais au fil du temps les responsabilités sont devenues lourdes à porter. Son compagnon délègue et s'appuie sur elle, elle en est flattée, c'est une belle preuve de confiance, néanmoins elle se sent au bord de l'épuisement physique et nerveux.
Depuis la rentrée elle gère tout à 100 à l'heure, sans beaucoup de répit et à cette allure là, elle sent bien qu'elle ne va pas tenir longtemps.
Alors elle rêve d'un amant qui la prendrait dans ses bras tout doucement, qui l' emmènerait ailleurs ... là ou elle pourrait pour quelque temps tout oublier, s'abandonner et se laisser faire. ele a besoin de quelqu'un qui la prenne dans ses bras, la réconforte, la câline, la berce de douceur ... et la baise. Quelqu'un à qui elle pourrait tout donner aussi....
Dans un endroit connu d'eux seuls, elle se renverserait sur un grand lit, les bras noués autour du cou de son amant. Echanges de baisers enfiévrés, elle caresserait son dos, ses cheveux tandis qu'il se laisserait glisser le long de son ventre, jusqu'à enfouir son visage entre ses cuisses.
Usant de sa langue, il commencerait alors une longue série de caresses douces et appuyées, où elle n'aurait qu'à se laisser faire, jusqu'à l'ivresse .... abandon total, orgasmes doux et répétés ... jusqu'à ce qu'elle l'attire tout contre elle, qu'elle le caresse, l'embrasse, couvre son visage, ses lèvres, son dos, son torse de douceur et d'ivresse ... avant de l'attirer en elle , en ses abîmes voluptueux et enivrants, pour une longue chevauchée les laissant tous deux épuisés ... et repus.
09 octobre 2008
Errance
Où et comment ? Elle a longuement réfléchi à ces deux questions.
Une fois la réponse apportée, tout lui sembla d'une simplicité enfantine.
Le jour J, en début d'après midi, elle rédigea soigneusement une lettre, où elle expliquait tout.
Puis elle la glissa dans une enveloppe, la cacheta et sortit la poster.
De retour, elle rangea soigneusement sa maison, puis la nettoya.
Ensuite, elle se rendit dans la salle de bains, fit couler de l'eau chaude dans la baignoire, y versa quelques gouttes d'huiles essentielles et alluma des bougies.
Elle glissa un CD dans le lecteur, sur l'étagère.
Elle resta ainsi un long moment à savourer la chaleur de l'eau parfumée, jusqu'à ce qu'elle devienne fraîche.
Alors, elle sortit du bain, se sécha soigneusement et rinça méticuleusement sa baignoire.
Devant le miroir, elle se maquilla légèrement, avec un soin tout particulier. Puis elle coiffa ses cheveux et les laissa retomber en vagues souples sur ses épaules.
Elle n'était pas prétentieuse, mais l'image renvoyée par le miroir lui plaisait.
C'est ainsi qu'elle aurait voulu que Bertrand la découvre, pour la première fois, s'ils s'étaient rencontrés.
Elle aurait mis les mêmes sous vêtements qu'elle a préparés et qui attendent là, sur son lit, la même robe aussi. Féminine et sobre.
Mais Bertrand, après quelques semaines de mails, dials et conversations téléphoniques intenses, où il lui déclamait qu'elle faisait partie de sa vie, était parti vivre d'autres aventures. mettant un point final à leur relation. Il n'y aurait jamais de première fois tendre et charnelle.
Elle alla s'étendre sur son lit et laissa ses mains courir sur ses seins, son ventre avant d'atteindre le satin de ses cuisses ... elles remontèrent, atteignirent ses lèvres et son pubis parfaitement épilés et soyeux. Elle se caressa, d'abord doucement, puis avec rage, étouffant ses gémissements dans l'oreiller, avec en mémoire la voix grave de Bertrand lorsqu'il guidait ses caresses au téléphone. Le salaud !! Elle l'aimait ....
Elle sentit l'orgasme sourdre, puis éclater, exploser en son intimité et traverser son ventre comme la foudre...
Elle se reposa un moment ... des petites vibrations, comme des petites décharges électriques, continuèrent à traverser son clitoris pendant de longues minutes ... Avant de connaitre Bertrand, elle ne jouissait pas aussi intensément, surtout en se caressant.
Elle se leva finalement, alla se rafraîchir dans la salle de bains, puis revint dans la chambre. Elle se para de la lingerie qu'elle avait préparée, enfila la robe, et mis un collier et des boucles d'oreilles. Une légère touche de parfum vint mettre le point d'orgue à ces préparatifs.
Elle se rendit dans l'entrée, vérifia que la porte n'était pas fermée à clé, puis traversa lentement la salle, puis la cuisine. Elle se servit un verre d'eau, rempli une carafe. Elle accomplissait ses gestes mécaniquement, le regard perdu au loin ... au travers de la vitre de sa cuisine, elle distinguait les façades des maisons voisines, de l'autre côté de la rue. Le soleil déclinant l'informa qu'on était déjà en fin d'après midi. Elle n'avait même pas pensé à regarder l'heure, le temps et elle avaient toujours été ennemis. Pour une fois, cependant, elle avait l'impression que chacun de ses gestes était parfaitement mesuré, bien à sa place.
La carafe et le verre à la main, elle retourna dans sa chambre. Elle posa le tout sur sa table de chevet. Le CD dans la salle de bains était fini depuis longtemps, elle en inséra un autre dans le lecteur de sa chambre.
Puis elle ouvrit le tiroir de sa table de chevet, et en sorti ses dernières acquisitions : un paquet de cigarettes, un élégant briquet et un petit cendrier. Elle n'avait jamais fumé ... Bertrand oui, il fumait comme une cheminée, à tel point qu'il avait parfois la voix cassée quand ils se téléphonaient. ce soir elle avait envie d'essayer, par curiosité, pour ne pas mourir idiote. L'ironie de sa pensée la fit sourire amèrement ... elle avait toujours eu le chic pour ce genre de phrase percutante à l'humour un peu tranchant. Peut-être était ce une façon de se sentir plus proche de Bertrand aussi. Une dernière fois ... Elle sortit délicatement une cigarette du paquet, la porta à ses lèvres et alluma le briquet. Elle se regardait du coin de l' oeil dans le grand miroir de son armoire. Allait elle réussir à allumer cette cigarette avec le geste élégant et langoureux d'une femme fatale ? Ouais .... bah c'était pas gagné d'avance !! Elle pompe , toussa, s'étrangla ... elle s'y reprit à trois fois pour allumer la cigarette, la fumée lui lamina la gorge, lui brûla les narines et lui piqua les yeux. Elle se mit à tousser à n'en plus finir, telle la Dame aux Camélias, et écrasa précipitamment sa cigarette dans le fond du cendrier.
Elle se rua à sa fenêtre, l'ouvrit en grand, et reprit péniblement son souffle ... la tiédeur de cette fin d'après midi d'automne lui caressa le visage tandis que dans la poitrine les battements de son coeur affolé se calmaient. Peu à peu la douleur s'apaisait, elle avait cru un moment qu'on lui arrachait les poumons. Tout comme Bertrand lui avait arraché le coeur. L'air parfumé commençait à embaumer la chambre, elle s'en rendait compte, arrivait à le percevoir tandis que les effluves de tabac s'estompaient dans ses narines. qulle cochonnerie ! Comment pouvait on aimer un truc pareil ?
Elle referma doucement la fenêtre, puis alla s'asseoir sur le bord de son lit.
Elle se saisit du verre, puis s'empara de ce qu'elle avait préparé. Elle but calmement une gorgée d'eau, fixant les comprimés dans le creux de sa main.
Elle était perplexe néanmoins ... tout à l'heure, alors qu'elle suffoquait, son réflexe de se précipiter à la fenêtre lui avait bien prouvé qu'elle tenait encore à la vie. En même temps, comme pour lui démontrer l'absurdité de l'existence, des larmes soudaines lui brûlèrent les paupières et ruisselèrent sur ses joues. Elle avait pourtant pleuré tout son saoûl, pendant des heures et des heures, à gros sanglots, jusqu'à en avoir les yeux et les joues irritées .. jusqu'à croire son corps asséché ... mais son chagrin semblait se renouveler, inépuisablement, inexorablement ... au travers de ses larmes, elle fixait toujours le creux de sa main ... "Finissons en une bonne fois pour toute", lui intimait une voix ... "Il est encore temps de reculer", l'avertissait une autre... "Vraiment, est ce que c'est sérieux de se foutre en l'air à 40 ans pour un mec ? ou même une femme ? Personne sur terre ne mérite ça ..." Elle songe qu'elle à déjà 40 ans, que parfois elle se disait que les années de sa vie de femme étaient désormais comptées, qu'elle était désormais sur la pente descendante. Mais subitement, sur le point d'en finir, elle a l'impression que 40 ans c'est super jeune, qu'elle a encore plein de belles choses à vivre ... peut être ... qu'un mec de perdu, c'est dix de retrouvés ! mais elle n'en veut pas dix, elle veut Bertrand et seulement lui.
Les sanglots qui s'étaient apaisés reprennent de plus belle. C'est le tumulte dans sa tête. Elle pose le verre d'eau et se renverse, sur son lit, épuisée. Les comprimés lui échappent des mains et tombent sur la moquette.
Intérieurement, elle se traite de lâche. Incapable de vivre et incapable d'en finir ... Et demain reviendra, avec toujours les mêmes interrogations, les mêmes souffrances .... épuisée, elle ne se rend pas compte qu'elle sombre dans le sommeil.
Elle dort d'une traite, et se réveille le lendemain matin, alors que le jour est déjà levé. Elle est frigorifiée, mais c'est la première fois depuis sa rupture avec Bertrand qu'elle dort une nuit complète.
La journée de la veille lui revient en mémoire. Elle se lève, ramasse soigneusement les comprimés, et va les jeter dans le lavabo de sa salle de bain, chassant le tout à grande eau. Comment a t elle été aussi près de faire une connerie pareille, elle n'en revient pas ! Elle a toujours mal, sa vie lui parait toujours morne, mais inexplicablement elle est soulagée d'être en vie quand même ... un instinct venu du plus profond d'elle même lui dit qu'un jour, elle verra le bout du tunnel, que tout cela sera du passé.
Elle se souvient qu'il faut qu'elle passe à la gendarmerie aussi, avant l'arrivée du courrier, si elle ne veut pas les voir débarquer chez elle en renfort. Leur expliquer qu'elle s'est trompée, que tout cela n'était qu'une erreur, un moment de découragement. Que cela ne se reproduira plus.
FIN
07 octobre 2008
Retrouvailles
Léa éclate de rire, et donne une petite tape affectueuse sur l'épaule d'Olivier.
"- Tu n'as pas fait cela ? Tu exagères quand même !"
Souriante, elle le dévisage avec tendresse. malgré les années, il n'a guère changé.
Elle retrouve le visage qu'elle a aimé, les yeux malicieux, les petites rides au coin des yeux quand il rit. Seuls quelques cheveux grisonnant striant discrètement ses cheveux bruns au niveau des tempes soulignent les années écoulées.
Ils se sont connus dix-sept ans auparavant, alors qu'ils habitaient tous les deux Paris. Une idylle est née, quelques mois d'une relation tendre, puis Olivier a rencontré une autre femme et à mis fin à leur relation.
Malgré la brièveté de leur histoire, Léa a mis des moins à s'en remettre, des mois avant de pouvoir à nouveau accorder sa confiance à quelqu'un d'autre. Ils se sont perdus de vue , puis elle a construit sa vie de son côté, a déménagé en banlieue avec son mari et des deux enfants.
Cinq ans plus tard, elle perdait son mari dans un accident de la route.
Terrassée par le choc, elle a remonté la pente, comme elle pouvait, s'accrochant à son travail, alors qu'elle rêvait de se laisser sombrer au fond du puits. L'abîme, le noir, le silence, black out total ... mais au moins fini les souffrances qui lui déchirent le coeur jour après jour. Mais elle ne l'a pas fait évidemment. Pour ses enfants, elle a lutté, et, petit à petit, repris sa vie en main.
Il y a quelque temps, elle s'est inscrite sur Facebook, ou plutôt ses enfants l'ont inscrite sur Facebook ... c'est ainsi qu'Olivier l'a retrouvée.. car c'est lui qui a repris contact. Séparé depuis deux ans de sa compagne, il vivait seul.
Léa a d'abord accueilli ces retrouvailles avec circonspection, au fond d'elle même elle trouvait d'ailleurs qu'il ne manquait pas de culot de la recontacter ainsi.
Ou plutôt, qu'il n'avait pas maqué de culot pour l'avoir laissée si longtemps sans nouvelles ... mais les liens tissés entre deux personnes sont des choses parfois bien curieuses, tout à la fois fragiles et solides. Sa raison lui disait de garder une réserve prudente vis à vis d' Olivier, une vilaine petite rancune, vestige des souffrances passées, lui soufflait même de l'envoyer promener ... tandis que son coeur sentait déjà la tendresse l'envahir à nouveau. Comme si quelque force incontrôlable la poussait de nouveau vers cet homme.
C'est ainsi que par un week end d'automne, elle s'est retrouvée à prendre le volant de sa voiture et rejoindre Olivier à plusieurs centaines de kilomètres de chez elle. Retrouvailles, discussion, dîner, puis les voilà tous les deux assis par terre comme deux lycéens sur la tapis moelleux du salon, le dos appuyée au canapé, en train de fêter l'évènement avec une bouteille de champagne.
Léa commence à se sentir un peu grisée ... l'émotion de retrouver Olivier, la tension et l'appréhension de ces derniers jours vis à vis de cette rencontre, qui finalement s'est déroulée avec beaucoup de naturel ... le peu d'alcool qu'elle a bû au dîner et maintenant le champagne dans cet appartement douillet ... Olivier est plutôt doué pour la décoration, il faut le reconnaître. Il vit seul, son appartement est masculin mais pas spartiate.
On y sent l'empreinte d'un homme attentif au cadre dans lequel il vit : coussins moelleux sur les canapés, plantes vertes dispersées ici et là, photos, quelques tableaux rendent l'appartement extrêmement accueillant, on s'y sent bien.
"-Tu m'as manqué, Léa", dit soudain Olivier.
"- Je n'en doute pas une seconde, si j'en juge à la fréquence des coups de fil que tu m'as passé ces dernières années", ne peut s'empêcher de répondre Léa, acerbe. Elle s'en veut aussitôt, mais elle n'a pu retenir la réplique, qui a jailli d'un coin de son coeur encore endolori.
Olivier a le bon goût de rougir. Léa sent son ressentiment fondre comme neige au soleil, il est attendrissant ainsi, on dirait un gamin qui vient de se faire gronder. Elle approche doucement son visage et dépose un baiser tout doux sur la joue d'Olivier.
"- Excuse moi, tu m'as manqué toi aussi, je m'en rends compte depuis que nous nous sommes retrouvés, et particulièrement ce soir".
Olivier lève les yeux et Léa sent son coeur chavirer ... elle a l'impression de se noyer dans ce regard brun. Ses pupilles restent rivées à celles d'Olivier tandis que leurs visages se rapprochent. Elle pose sa flûte sur la table basse, juste à temps pour poser sa main sur l'épaule d'Olivier au moment où leurs lèvres se rencontrent. Elle croit défaillir, ses lèvres sont à la fois fermes et douces, elle retrouve la chaude sensualité de ses baisers, un peu différents cependant de son souvenir. ce soir ils sont parfumés au champagne :-), mais il y a autre chose ... oui, ils ont chacun dix sept ans de plus et la maturité a fait son oeuvre. Leurs gestes sont plus charnels, plus accomplis. Léa passe son bras autour du cou d'Olivier, de l'autre main elle lui caresse les cheveux ..en fait dans le feu de l'émotion, elle ne sait plus trop si elle les caresses ou si elle s'y agrippe. Le parfum d'Olivier l'ennivre, elle sent la chaleur de son corps tout contre elle, sa force et sa douceur aussi. Son coeur cogne à grands coups, elle sent son corps s'éveiller, elle voudrait parler mais les mots lui manquent.
Mais ils se sont compris, Olivier la prend par la main, l'aide doucement à se relever avec ce simple mot finalement bien suffisant : "Viens ..." Il l'a murmuré comme une caresse et c'est main dans la main qu'ils se dirigent vers la chambre d'Olivier.
Le temps d'envoyer valser leurs chaussures, et ils s'étendent sur le lit, s'embrassant à nouveau à pleine bouche. Léa se sent intimidée, étrangement elle a l'impression de devoir se faire violence pour ne pas arracher la chemise d'Olivier , tant elle a envie de respirer sa peau, de déposer des baisers dans son cou et sur son torse, de le couvrir de caresses .... elle sent dix sept ans d'émotions enfouies remonter à la surface et se bousculer dans son coeur, menaçant de se déverser en crue... ses sentiments, la passion qu'elle pressent l'effraie, elle n'a pas retrouver Olivier depuis longtemps, il est beaucoup trop tôt pour savoir comment va évoluer leur relation et elle a peur d'être emportée par ses sentiments, et cette fois détruite si la relation tourne court.
Son instinct lui dit qu'elle se complique la vie, qu'elle ferait mieux de profiter du moment présent sans se poser de questions, mais le lâcher prise, cela n'a jamais vraiment été son truc ... il faut touours qu'lle se fasse des noeuds au cerveau.
à suivre ...
26 septembre 2008
Petit souci momentané ...
Toutes mes excuses pour les commentaires et textes disparus :-( .
Je vous retrouve dans quelques jours.
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